LE TEMPS DES ARCHIVES

De 1980 à 2002, j’ai réalisé tous mes reportages pour Greenpeace sur des films argentiques avant de basculer vers le numérique. Après avoir réussi à récupérer des dizaines de kilos de diapositives et de films négatifs éparpillés dans plusieurs pays au fil des décennies, j’ai entrepris de les numériser intégralement, tâche que j’aie achevé en 2025. Je suis maintenant passé à leur indexation avant d’en faire donation.

Dans les années 1980, pour faire simple, la presse quotidienne était imprimée avec des photos noir et blanc et la presse magazine, hebdomadaire ou mensuelle, avec des photos en couleurs. Conséquences pour les reporters sur le terrain, pour une diffusion maximale, il fallait systématiquement tout photographier deux fois sur ces deux types de films.

Pour les photographes qui ont réussi à ne pas mourir étranglés par la multitude de sangles qu’ils avaient autour du cou, j’observe que cette énorme contrainte de prise de vue s’est transformée aujourd’hui en formidable avantage patrimonial. Nos archives sont doubles, le choix est double…

Nous sommes la dernière génération à avoir connu ce fonctionnement avant la banalisation du numérique virtuel et éphémère. Profitons-en, pour l’histoire, chérissons nos archives physiques.