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Depuis le 6 novembre 2025, Arlette Maussan n’est plus avec nous…. Et un monde sans Arlette ne sera plus jamais le même.
Pour sa famille, ses proches et ses amis, à qui je présente mes plus sincères condoléances, j’ai plongé dans mes archives afin de souligner les moments militants que j’ai eu la chance de photographier en présence d’Arlette.
J’ai rencontré Arlette Maussan après avoir visionné le documentaire « Uranium, le scandale de la France contaminée » diffusé en 2009 sur France 3. Un reportage édifiant qui claqua comme un coup de tonnerre jusque dans les couloirs des ministères.* Avec d’autres témoins, Arlette nous décrivait les scènes de crimes où des poubelles radioactives avaient été abandonnées pendant 50 ans par CEA-COGEMA-AREVA-ORANO sans que personne ne questionne les impacts que cela pouvait avoir sur la santé de la population française.
Souhaitant faire un reportage photographique sur ce sujet, j’ai pris contact avec le Collectif Mines d’Uranium. Ce qui m’a permis de faire connaissance avec Arlette en 2014 lors d’une de leur réunion annuelle. Les hasards géographiques nous ayant rapproché, nous nous sommes souvent revus et tout au long de ces années, à titre personnel ou comme administratrice de la CRIIRAD, elle fut une formidable passeuse d’informations sur ce sujet très technique. Elle montait régulièrement « des coups médiatiques » et je répondais présent chaque fois que cela m’était possible.
Mais Arlette c’était beaucoup plus que cela. Elle était une femme d’une humanité devenue trop rare et elle avait un côté « vrai » qui la rendait extrêmement attachante. Sa forte personnalité lui a beaucoup servi dans ses relations avec les services de l’État en tant que présidente du Collectif des Bois Noirs. Elle nous racontait que lors de ses rendez-vous, en se rendant compte qu’elle connaissait souvent le sujet mieux que les spécialistes débutants qui la recevaient, elle se permettait de leur dire où leurs prédécesseurs avaient rangé leurs dossiers dix ans plus tôt ! Bref, elle ne lâchait sur rien et sa compétence les tournait bourrique, mais toujours avec gentillesse.
Grande pâtissière, nos visites sur le terrain (officiels ou pirates) commençaient immanquablement par une distribution générale de gâteaux sur les parkings où nous avions rendez-vous. Comme je l’avais appris avec sidération dans le documentaire de France 3, il y a encore peu de temps, les grillages vétustes qui entourent ces dizaines de décharges radioactives étaient jalonnés de trous béants générés par la rouille, les tempêtes et les sangliers. Pénétrer dans ces zones maudites sans commettre d’effractions était donc facile. Seuls notre bons sens et nos détecteurs de radioactivité nous imposaient de passer le moins de temps possible dans ces lieux massacrés par la folie humaine.
Merci Arlette…
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* Après la diffusion de ce documentaire et afin de combler de gravissimes lacunes de l’État, le ministre Jean-Louis Borloo imposa à Areva de se lancer sans délai dans un inventaire aérien des imbéciles disséminations de produits radioactifs qui ont eu cours autour des 220 mines d’uranium ouvertes en France. Une mission qui nécessita sur plusieurs années, des milliers d’heures de vol d’hélicoptères et des dizaines de milliers d’heures d’études sur 25 départements. C’est une histoire que vous ne lirez pas dans les documents de communication diffusés par EDF au moment de Noël, mais qui lève, un peu, le voile sur les gigantesques coûts cachés de l’énergie nucléaire.
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Mon reportage “la France contaminée” ici : https://pierregleizes.com/portfolio/uranium/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Uranium,_le_scandale_de_la_France_contaminée





















































